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1911

Juillet 1911, Le tout premier autobus est mis en service. Article dans le nouveau journal : " ...une foule de deux à trois cents personnes stationnait devant la maison Samat et Garçon, admirant le superbe autobus qui allait faire ses essais à travers les rues de Saint-Denis, en attendant qu’il fasse le service postal et des voyageurs de Saint-André et Hell-Bourg..."


25 août 1911, par arrêté du gouverneur Rodier, création officielle du Musée Léon Dierx. Les deux intellectuels créoles Marius et Ary Leblond transforment l'ancienne résidence de l'évêque, autrefois propriété d'un ancien maire de Saint-Denis, en musée. La création du musée Léon Dierx s'inscrit dans le cadre général d'une reconquête culturelle de l'Océan Indien par l'intelligentsia créole. Sa situation dans la rue de Paris, là où les palais créoles, résidences des grands propriétaires, affichaient la prospérité et le pouvoir, lui conféraient légitimité et une filiation symbolique.


1912

Création à la ville du Port du premier club de Football et du premier terrain officiel à La Réunion à l'initiative de M. Prion, chef-piqueur du chemin de fer. La municipalité met un terrain à disposition "avoisinant la mairie du côté de la rue du Colonel Bonnier". Ce terrain dit de La Glacière fut donc le premier stade de football de l'île.

Albert Foucque concrétise le projet de son père, Hippolyte-Victor Foucque, Il importe dès 1912 des voitures Mathis. Article de publicité : "Ces petites voitures sont appelées à rendre bien des services à La Réunion, tant par l'économie des pneus vu leur poids léger que leur faible consommation d'essence".


1913

23 septembre 1913. L'aviateur Réunionnais Roland Garros passe à la postérité. Il effectue la première traversée aérienne de la Méditerranée, en reliant Saint-Raphaël dans le Var à Bizerte, au Nord de la Tunisie. Il parcourt les 730 kilomètres en 7 heures et 53 minutes, à bord d'un monoplan Morane-Saulnier. Le Morane décolle à 5 heures 47, alourdi de 200 litres d’essence et de 60 litres d’huile de ricin. Garros part à la boussole, avec un moteur qui subit deux pannes, au large de la Corse et au-dessus de la Sardaigne. Il lui restera 5 litres d'essence quand il se posera à Bizerte !


1914


4 août 1914 :

Ordre de mobilisation de La Réunion pour la 1ère Guerre mondiale.

La Réunion répond massivement à l'appel de mobilisation et participe à l'effort national. Deux jours après l'ordre de mobilisation générale en métropole, La Réunion mobilise à son tour. Jusqu'à la fin du conflit 14 423 réunionnais seront mobilisés, alors que l'île compte 150 000 habitants, soit près de 10 %. Sur 14 423 Réunionnais incorporés, appelés ou engagés volontaires, 3 000 sont morts, soit plus de 20 % !


1915

18 avril 1915, l'avion du Réunionnais Roland Garros est abattu au-delà des lignes allemandes. Il parvient à incendier l'appareil, pour qu'il ne tombe pas aux mains de l'ennemi, mais il est fait prisonnier. Garros sera soumis à une surveillance privilégiée. Il fut bringuebalé d’un camp à un autre : Küstrin, Trèves, Gnadenfrei, Magdeburg, Burg et de nouveau Magdeburg.

Après de nombreuses et infructueuses tentatives, par tunnel, par mer ou même par avion, Garros ne parviendra à s'évader qu’au bout de trois ans, le 15 février 1918, en compagnie du Lieutenant Anselme Marchal.

Malgré l’incendie, la capture de son avion permet aux Allemands de copier son équipement et de prendre le dessus dans la plupart des batailles aériennes.


1916

Le docteur Archambaud reçoit le premier appareil complet de radiographie de La Réunion.



20 novembre 1916. Arrivée du prince Vinh-San, prince régnant d'Annam, envoyé en exil à La Réunion à la suite de soulèvement dans son pays.

Le prince né en 1900 n'a que 16 ans lors de son arrivée. Malgré le choc de sa déportation, le Prince Vinh San mène une vie paisible à la Réunion.

Il aime la nature, le sport et les arts. Il est admis dans la haute bourgeoisie de l'île et obtiendra le premier prix de l'Académie de la Réunion en 1923 pour son poème "Variations sur une lyre brisée". Il découvre la radio et sera un des premiers radio-amateurs de l'île.



1917

La Réunion qui vit avec une dépendance extérieure, connaît alors une véritable pénurie :

  • Utilisation de bois de filaos en remplacement du charbon pour le train ;

  • Mélange d'alcool de canne à l'essence pour économiser du carburant ;

  • Développement de la culture du maïs, manioc, conflor, arrowroot, patates douces, pommes de terre, songes, en remplacement du riz et de la farine ;

  • Relance de l'élevage de porcs et de volailles pour compenser la rareté des zébus, normalement importés de Madagascar ;

  • Multiplication de petites industries locales : féculeries, huileries, savonneries, brasserie etc...

1918

Pierre Louis Alfred Duprat, le gouverneur de La Réunion, en accord avec le Conseil général va ordonner à l'administration de se substituer au secteur commercial privé défaillant en ce qui concerne l'approvisionnement du riz. Les importateurs ne pouvaient plus assurer la satisfaction des besoins.


27 avril 1918, Duprat propose une taxe sur les terres incultes. Le but poursuivi affirme-t-il est d'ordre économique et social beaucoup plus que d'ordre fiscal.


Juillet 1918, le paquebot des Messageries Maritimes, Djemnah, est torpillé par le UB 105 KL Wilhelm Marschall : 4 réunionnais tués.

On sait que des "corsaires" allemands, le Königsberg et l'Emdem, croisent dans les eaux de l'océan Indien. La Réunion est vulnérable, puisque dépourvue de tout moyen de défense. Les habitants de l'île s'attendent, à tout moment, à voir surgir un sous-marin allemand. Un semblant de défense est donc maintenu, notamment au port de la Pointe des Galets, drague en position d'être coulée dans le chenal, présence de quelques troupes symboliques.


5 octobre 1918, lors d'un combat acharné, l'avion de Roland Garros explose en plein vol, à la veille de ses 30 ans. C'est ainsi que Roland Garros disparut "en plein ciel de gloire". Il fut inhumé au cimetière de Vouziers, petite ville des Ardennes, bien loin de sa Réunion natale.


La veille de sa mort, Jean Cocteau, ami de Roland Garros, réalise cette rapide esquisse, que l'aviateur signe. Ce sera son dernier portrait.


11 novembre 1918, signature de l’armistice. À l’annonce de la fin de ce conflit, les Réunionnais laissent éclater leur joie. L’élan patriotique est renforcé, "la patrie a vaincu". Le journal Le Peuple, réclame déjà "la départementalisation".

1 698 réunionnais sont morts au champ d’honneur, des disparus et des morts par maladie. Les premiers soldats reviennent à La Réunion à partir de 1919 et les derniers en 1921. Les survivants peuvent prétendre à un emploi dans l’administration, mais ils n’ont pas les compétences requises.


1919

Avril 1919, la grippe espagnole touche La Réunion.

Le Madona ramène 1 603 permissionnaires. Outre cette bonne nouvelle, d’autres sujets alimentent les conversations, notamment celui d’un fléau parti des États-Unis en 1918 et qui a ravagé le monde entier ou presque : une sorte de grippe que l’on a appelée à tort "grippe espagnole".

31 mars 1919. La grippe espagnole est entrée à La Réunion sur le Madonna. La semaine de Pâques 1919 sera terrible : près de mille morts à Saint-Denis. La vie, au sens figuré, s’est arrêtée. Plus de police, plus de services officiels, plus de médecins. Tous, ou presque, sont malades.

11 mai 1919. L’horizon se couvre brusquement. Un mini-cyclone va balayer l’île. Il semble que ce phénomène atmosphérique ait « lavé » l’air de l’île de toutes ses impuretés.

La Réunion se relève abasourdie. On n’aura jamais le vrai bilan des six semaines d’épidémie, tout simplement parce qu’il n’y avait plus personne pour tenir les comptes. Les estimations oscillent entre 7 000 et 20 000 morts.


1920

1e février 1920. Le bâtiment La Ville d'Alger, appareille à 7 heures du matin. Un incendie éclate à bord. Il se propage au rhum et les barriques explosent, alimentant le feu qui embrase tout le navire.

Après neuf jours de dérive dans un canot en plein cyclone, sans vivre et sans eau, 23 rescapés atteindront Madagascar. Les neuf marins et les 14 passagers ont survécu en recueillant l'eau de pluie cyclonique. 21 autres seront recueillis par le Persépolis des Messageries maritimes, au nord de Tamatave. La Ville d'Alger sera retrouvée dressée sur les îles Levens, proches de Madagascar. Construite en 1914, elle n'avait que huit ans.

Octobre 1920. Dans un discours au Conseil général, Frédéric Estèbe aborde le problème de la surrémunération des fonctionnaires métropolitains. "N'est-il pas juste, qu'à égalité de grade, un fonctionnaire expatrié soit mieux rémunéré que son collègue servant dans son pays d'origine."

Il fera la différence entre les fonctionnaires métropolitains et les agents locaux. Les premiers toucheraient leur solde plus une majoration de 65 % alors que les cadres locaux bénéficieraient seulement d'une indemnité de vie chère.







Sources :

www.mi-aime-a-ou.com/histoire.

http://www.mi-aime-a-ou.com/histoire_maritime_de_la_reunion.php



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